Notre intervention à la manifestation du 21 mai pour la sauvegarde de l’hôpital d’Orthez

Mesdames, messieurs,

Chacun a mesuré ce qui s’est passé à Oloron, l’annonce du directeur de l’hôpital de fermeture des urgences durant des mois, l’appel immédiat en réaction des personnels hospitaliers avec leurs organisations syndicales, l’appel du comité de défense de l’hopital d’Oloron pour une manifestation le 10 mai et chacun a pu mesurer l’ampleur historique de cette manifestation. 3000 citoyens venus en manifestation devant la sous-préfecture d’Oloron, cela fait des lustres qu’une telle mobilisation a eu lieu à Oloron.

Madame Blanzaco, directrice départementale de l’ARS, comme le directeur de l’hôpital ont pris la mesure de leur annonce et de la colère que cela suscitait et ont annoncé la veille au soir de la manifestation à 20h, que les urgences rouvraient dès le mercredi matin qu’en très peu de temps des médecins urgentistes étaient trouvés pour assurer les plannings des deux prochains mois, même s’il reste des trous dans la raquette.

La presse titrait « Miracle »… peut être est-ce la proximité de Lourdes pour la presse, mais chacun comprend que c’est la mobilisation qui a obligé l’ARS et le directeur à pallier le manque de médecins d’aller en chercher et d’en trouver.

Donc, s’ils veulent, ils peuvent… et rompre de façon provisoire avec les restrictions budgétaires imposées par le ministère de la Santé et dégager les moyens et les personnels nécessaires.

Cette mobilisation exemplaire des habitants d’Oloron et des vallées avec les personnels de l’hôpital et les élus quelques soient leurs sensibilités montrent à l’évidence que c’est dans ce sens que les choses doivent aller pour gagner la pérennité des services de l’hôpital d’Orthez et c’est le sens des prises de parole ce matin et de la manifestation.

Pour le comité de suivi pour le maintien du SMUR, des Urgences et de tous les services de l’hôpital d’Orthez, nous avions mandat de porter les 3000 premières signatures à l’ARS, cela a été fait. Est-ce que cela a changé les choses, à l’évidence non, le SMUR a fermé périodiquement, parce que le directeur a refusé de recruter. Quand je dis périodiquement, ce sont a minima deux fois 24h chaque mois et ce après la rencontre avec l’ARS, malgré les recommandations qu’elle lui a données.

Pire, le directeur semble vouloir imposer des nouvelles méthodes de management et créer volontairement des conflits entre les médecins chefs de pôle, créer des conflits chez les personnels, tente de diviser pour imposer…

Mais imposer quoi ? Sa vision personnelle de l’hôpital et son développement comme il entend le faire accroire ?

Non, il s’agit pour lui, en employant les méthodes éculées d’imposer aux personnels les restrictions budgétaires que lui impose l’ARS et le ministère.

Mais le directeur de l’hôpital est un grand communiquant, l’avant- veille du rassemblement du 13 novembre 2021, il avait tenu une conférence de presse avec la directrice départementale de l’ARS et le Président du Conseil de surveillance, Maire d’Orthez dans laquelle, je ne résiste pas à vous faire lecture de quelques passages savoureux :

Le directeur : « Nous avons fait appel à des intérimaires dès le mois d’août, Mais il y a des jours où il y a des carences », et il ajoute : « Si on avait la possibilité, on ne ferait pas appel à de l’intérim qui coûte extrêmement cher », Il donne ici la raison essentielle, le coût de la santé que le gouvernement Véran-Macron veut y accorder.

Maritxou Blanzaco, directrice départementale de l’ARS, n’était pas en reste, elle regrettait :

L’« inexactitudes et des faits erronés » véhiculés, tout en précisant : « l’hôpital en général est en situation difficile, partout et encore plus pour les hôpitaux de proximité, comme celui d’Orthez ».

Mais sa conclusion était étonnante : « : « Je trouve irresponsable de prendre nos concitoyens en otage sur ce sujet si sensible qu’est la santé ».

Quant au Président du Conseil de surveillance, Maire d’Orthez, qui n’est pas là ce matin et nous pouvons que le constater et le regretter, il avait conclu :

« la situation de l’hôpital n’est pas aussi catastrophique que ce que craint la population », « Certaines actions de quelques-uns ternissent l’image de l’hôpital. Ce mauvais coup, on aurait pu s’en passer, d’autant qu’il s’accompagne d’outrance et de mensonges »,

Outrances, mensonges ?

Y-a-t-il fermeture de 24 lits à l’hôpital d’Orthez, y-a-t-il regroupement des services de gériatrie et de médecine polyvalente, parce que les médecins ne sont pas remplacés, y-a-t-il eu encore fermeture du SMUR le 20 mai à l’hôpital d’Orthez, Y-a-t-il fermeture du service de rééducation fonctionnelle parce que le directeur a décidé de ne pas anticiper le départ du médecin chef de pôle de cette unité, y-a-t-il oui ou non une multiplication des arrêts maladie dans les services parce que la direction de l’hôpital refuse les recrutements, d’infirmières, d’aides-soignantes de personnels para-médicaux, refuse non seulement les médecins, mais pousse à la démission de ceux présents.

Oui le problème est national, depuis des années, les réformes successives du secteur hospitalier visent à transformer l’hôpital en entreprise rentable, les lois des gouvernements successifs de droite comme de gauche sont toutes allées dans le même sens, celui de réduire les coûts donc l’offre de soin à l’hôpital.

Cela a des répercussions sur tous les citoyens, quand le SMUR ferme à Orthez, quand le SMUR et les urgences ferment à Oloron, cela veut dire que l’on peut mourir, est-ce que dire cela et le dénoncer, c’est de l’outrance et du mensonge ?

Le Docteur Patrick PellouX, Président de l’association des Médecins urgentistes de France tire la sonnette d’alarme et déclare l’été va être atroce, de jamais vu et dénonce une situation catastrophique dans les hôpitaux.

Est-ce de l’Outrance ou de mensonge que de dire les faits ?

Soyons clairs et les calculs ont été faits, l’embauche immédiate de 200000 personnels hospitaliers cela ne coute que 10 milliards d’euros en comparaison des 600 milliards déversés depuis deux au nom du quoi qu’il en coûte du ministre de l’économie Bruno Lemaire, votés par les parlementaires aux assemblées durant la crise du Covid, mais qui n’a pas profité aux hôpitaux, puisqu’en plein Covid le ministre Véran a fait fermer 5700 lits d’hôpitaux.

Alors, que les parlementaires du département aient pris la décision de demander une rencontre en urgence auprès du ou de la nouvelle ministre de la santé dès sa nomination, afin que nos hôpitaux de proximité continuent d’exister et continuent à assurer le service public indispensable à la Vie de nos concitoyens et de nos territoires, nous en prenons acte. Constatons cependant ce matin l’absence regrettable du député de la 3e circonscription.

Il y a deux jours, le directeur de l’hôpital d’Orthez a récidivé et dans la presse hier on a pu lire :

C’est de l’enfumâge et chacun peut constater la réalité et confronter ses propos à la situation concrête de l’hôpital d’Orthez.

Nous n’acceptons pas que les services ferment, il s’agit du droit à la santé de tous qui est remis en cause, nous n’acceptons pas, et c’est pour cela que nous sommes présents aujourd’hui et que nous serons présents demain pour obtenir la garantie du maintien pérenne du SMUR, des Urgences et de tous les services de l’hôpital d’Orthez, comme à Oloron, comme à Pau, comme partout auprès de l’ARS et nous discuterons ensemble de la préparation d’une manifestation à Pau devant les bureaux de l’ARS.